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Marc Bernoulli : 25 ans d’expertise RH au service de la CCT

3 novembre 2026

Garantir des conditions de travail harmonisées dans un écosystème qui va de l’hôpital de 3000 collaborateurs à la structure de 10 personnes : c’est le défi de Marc Bernoulli. À la direction de la CCT Santé21 depuis octobre 2024, ce spécialiste des ressources humaines décrypte les coulisses d’une institution clé pour l’attractivité et la conformité des conditions de travail du secteur de la santé du canton de Neuchâtel.

Vous ne veniez pas de la santé, qu’est-ce qui vous a amené à la direction de la CCT Santé21 ?

Marc Bernoulli : J’ai un parcours de 25 ans dans les ressources humaines, essentiellement dans le secteur public. Après un diplôme en sociologie et un postgrade en gestion RH, j’ai dirigé les RH de la ville de Neuchâtel pendant 14 ans. Suite à un passage de quatre ans dans le consulting privé, j’ai réalisé que je m’épanouissais pleinement dans une mission porteuse de sens, au service de l’intérêt collectif.

J’ai un « ADN institutionnel ». Être à l’intérieur d’un système pour en comprendre les rouages fait partie de mon fonctionnement. Avec cette fonction de direction au sein de la CCT, cela me permet précisément de mobiliser des compétences qui se situent à la croisée des ressources humaines, du droit, des enjeux institutionnels et de la négociation. Je ne venais pas de la santé, j’ai l’humilité de le dire. Finalement, je travaille pour la santé, je ne travaille pas dans la santé. Veiller aux conditions de travail des 7000 personnes soumises à la CCT, c’est œuvrer pour le personnel, mais aussi indirectement pour les patients et les résidents par des « effets en chaîne ».

En tant que directeur, vous endossez de nombreux rôles, comment se traduit votre quotidien ?

Je me considère avant tout comme le « trait d’union » entre la volonté stratégique des partenaires sociaux et sa traduction concrète sur le terrain.  Mon rôle, avec mon équipe, consiste à faire vivre la CCT au quotidien, en veillant à ce que les décisions prises soient appliquées de manière cohérente dans l’ensemble des institutions concernées. C’est un véritable défi, car la convention s’applique à près de 70 établissements aux réalités très différentes : du grand réseau hospitalier à la petite structure d’une dizaine de collaborateurs, en passant par des établissements de droit public et de droit privé. Cette diversité fait la richesse du domaine socio-sanitaire neuchâtelois, mais elle exige aussi un cadre commun. Ma mission est précisément d’assurer cette cohérence, afin que chaque collaboratrice et chaque collaborateur bénéficie des mêmes garanties, quel que soit son employeur.

Au quotidien, avec mon équipe, nous répondons aux sollicitations du terrain, qu’elles émanent des collaboratrices et collaborateurs, des directions d’institution ou des partenaires RH. Notre mission consiste à expliquer les dispositions de la CCT, à en garantir une application cohérente et à accompagner les employeurs dans la  résolution de situations parfois complexes. Parallèlement, l’année 2025 a été marquée par la mise en place d’une nouvelle gouvernance, dont j’ai accompagné la mise en oeuvre. Depuis octobre 2025, je soutiens et modère également les négociations relatives au renouvellement de la CCT. Ce rôle implique notamment un important travail de préparation, d’analyse des dossiers, de coordination entre les partenaires sociaux, de rédaction des documents de travail et de suivi des décisions prises.

Vous menez également un rôle de contrôle auprès de ces institutions. Quels en sont les enjeux ?

C’est en effet une partie importante de notre travail. Chaque institution doit être contrôlée une fois tous les quatre ans. Le contrôle porte sur l’ensemble des dispositions de la CCT : respect des horaires, des temps de repos, des majorations de salaire, etc.

Dans le cadre de ma fonction de directeur, je valide les rapports d’audit en privilégiant la prévention et l’accompagnement plutôt que la sanction. L’enjeu est important : notre attestation de conformité est transmise aux autorités cantonales de la santé, car c’est elle qui conditionne le versement des subventions.

Quels sont les défis actuels du secteur et en quoi la CCT fait-elle une réelle différence ?

Le grand défi d’aujourd’hui, c’est l’attractivité des métiers et la pénurie de personnel. Il faut offrir des conditions de travail qui permettent d’attirer et de fidéliser. La CCT est là pour harmoniser le secteur socio-sanitaire neuchâtelois et éviter une concurrence entre les institutions dans le recrutement des compétences. Un infirmier est payé de la même manière, qu’il travaille dans un grand hôpital ou dans les soins à domicile. Sans CCT, les conditions de travail dépendraient des choix et des possibilités propres à chaque employeur. La CCT évite précisément ces disparités en garantissant un socle commun d’équité, indispensable à la qualité des soins.

Si vous deviez résumer la CCT Santé21 en une phrase ?

C’est un engagement fort des partenaires sociaux pour garantir des conditions de travail équitables, adéquates et qui permettent un système de santé de qualité dans le canton de Neuchâtel.

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